Roz'amitié

145 chemin du Rozat 38330 Saint Ismier

Bienvenue

Posté : vendredi 26 avril, 15h29

Association Roz'amitié
145 chemin du Rozat
38330 SAINT ISMIER
mail : rozamitie@gmail.com
tél : 06 52 67 80 51

L'association Roz'Amitié, créée le 5 mars 2016, regroupe des familles et amis des résidents, des bénévoles et des membres du personnel de l'E.H.P.A.D La Villa du Rozat.

Elle a pour but :

- d'améliorer le cadre de vie des résidents
- de favoriser l'ouverture à la vie extérieure
- de favoriser les échanges entre les résidents eux-mêmes
- de rechercher sous diverses formes des soutiens financiers
- de favoriser et soutenir les actions des bénévoles
- de soutenir la formation des bénévoles.

Composition du bureau :

Président : Jean-Paul Pique
Vice-Présidente : Evelyne Binias
Trésorière : Brigitte Lefèvre
Secrétaire : Véronique Hanicotte

PROJET : ISOLATION ACOUSTIQUE DE LA SALLE COMMUNE DE LA VILLA DU ROZAT


voir projet Ulule

Dans les EHPAD le bruit et les difficultés d'audition associées sont scientifiquement reconnues pour causer de l'anxiété, du stress, des problèmes de santé ainsi qu'une baisse de participation aux activités sociales.

Le projet présenté, piloté par notre association ROZ’AMITIE, concerne l’insonorisation acoustique de la grande salle commune de l’EHPAD La Villa du Rozat de Saint-Ismier où ont lieu les repas, les animations, les séances vidéo, télévision, musique ... Ce projet résulte d’une demande forte des personnes âgées résidentes qui désirent pouvoir passer plus de temps pour dialoguer et se distraire dans cette salle qui est actuellement très inconfortable d’un point de vue acoustique et que beaucoup désertent pour aller s’isoler dans leur chambre plus calme. Nous avons donc mis en place un dialogue collectif qui implique les résidents, les familles, les personnels et plus particulièrement le personnel médical (psychologue, infirmières, médecins), les dirigeants de l’EHPAD, et les responsables de la Commune de Saint-Ismier. Ce projet s’inscrit parfaitement dans les objectifs de ROZ’AMITIE, à savoir : rechercher les financements pour aller dans le sens des désirs et de l’amélioration de la vie des résidents.

Le projet a trois objectifs principaux : abaisser de manière significative l’énorme gêne acoustique de cette salle pour les résidents et leurs familles, améliorer les conditions de travail du personnel qui travaille dans cette salle et enfin saisir cette occasion pour décorer cette salle de manière profitable à la bonne humeur et à la santé de tous.
L’exposé comportera quatre parties. La première résume les raisons techniques du très mauvais confort acoustique de cette salle. La deuxième partie donnera quelques idées sur le lien de cette gêne sur la santé et le comportement des résidents, des personnels et de toute personne présente dans cette salle. La troisième partie décrira la solution retenue, la quatrième concerne l’aspect financier et le co-financement.

I. Origine de l’inconfort acoustique de la salle commune

Il faut distinguer deux types de bruits : le bruit extérieur et le bruit intérieur. Le bruit venant de l’extérieur est quasiment inexistant à La Villa du Rozat car elle est construite sur un très beau site protégé de ce point de vue. Par contre le bruit dit interne résulte de phénomènes d’échos-interférentiels des sources sonores générées en interne et qui se réfléchissent (réverbération) sur les différentes surfaces de la pièce. Les sources sonores sont multiples, principalement ce sont les conversations (ou les cris) des occupants de la pièce, la manipulation par le personnel (ou les résidents) d’objets comme les plats, les assiettes, les couverts ou bien la climatisation … Il est clair que ces sources sonores ne peuvent pas être éliminées. Par contre les échos-interférentiels peuvent l’être. L’intensité de ce phénomène dépend fortement de la nature des matériaux constituant les murs, le plafond et le sol. De ce point de vue la salle commune de La Villa du Rozat est une catastrophe car les murs, le plafond et le sol sont en dur (béton recouvert de plâtre et gouttelettes projetées, carrelage) et de plus le plafond est trop bas par rapport à la dimension de la salle. Avec un volume supérieur à 600 m3 cette salle commune est une véritable caisse de résonance DANS laquelle se trouvent les personnes, on ne peut pas faire pire. Les ondes sonores sont alors fortement réfléchies et le phénomène insupportable d’échos-interférentiels apparait à tel point qu’une conversation à la même table ne peut pas être soutenue même entre personnes sans problème auditif particulier. Cette gêne s’amplifie au cours du temps car « le bruit entraine le bruit » par un phénomène de surenchère. Ce bruit d’échos-interférentiels est difficilement quantifiable, il faut faire des enregistrements dans le domaine temporel, fréquentiel et spatial. En tout cas il ne se mesure pas avec un simple sonomètre. Il existe bien des appareils beaucoup plus compliqués et onéreux, mais il n’est pas vraiment nécessaire de le mesurer, l’oreille humaine est largement suffisante pour vérifier. Fort heureusement, comme nous le verrons plus loin, il existe maintenant des technologies modernes, simples, esthétiques et faiblement onéreuses pour éliminer ces échos.

II. Les effets du bruit sur la vie des résidents et la qualité du travail du personnel.

Les recommandations de la Haute Autorité de Santé (HAS/ANESM) concernant la qualité de vie en EHPAD préconisent l’aménagement des espaces dédiés aux repas et à la vie commune de manière conviviale. Il s’agit alors d’être vigilant au confort acoustique et à la lumière pour que les personnes âgées puissent échanger. Le bruit est source de nombreux désagréments, tant chez les résidents que chez les professionnels.

• Particulièrement chez les personnes âgées, chez qui la fatigabilité et les troubles auditifs fréquents engendrent une plus grande sensibilité aux bruits environnants. Des études ont montré que les personnes malades sont davantage sensibles au bruit que les personnes en bonne santé (PAILLARD, 2007) .
« Quand elle n’est pas choisie, une exposition sonore continue ou répétée entraine des effets néfastes sur la santé et le bien-être des patients. Cette nuisance s’ajoute aux autres facteurs d’inconfort intrinsèques directement liés à la pathologie du patient. On note principalement les réactions suivantes : stress, angoisse, hypertension, augmentation du rythme cardiaque, troubles du sommeil, réveils nocturnes, fatigue, céphalées, nervosité inhabituelle, agressivité et hyperacousie, isolement social… Ces troubles, à leur tour, engendreront une intolérance aux bruits et bien souvent engendreront une surconsommation de thérapeutiques réactionnelles telles les somnifères et les anxiolytiques. Selon le rapport "Bruit et santé en Ile-de-France", ce sont précisément les effets psychologiques causés par la nuisance sonore qui la rendent insupportable. » (COHEN, 2007) .
Ainsi, un environnement bruyant peut être source d’anxiété et favoriser l’émergence de trouble du comportement (agitation, agressivité…), c’est aussi un facteur d’isolement et d’exclusion sociale dans la mesure où une atmosphère bruyante coupe la personne âgée de son entourage. La Haute Autorité de Santé préconise entre autres d’être attentif au bruit, un des éléments environnementaux à contrôler pour comprendre et prévenir les troubles du comportement.
Le personnel soignant de La Villa du Rozat observe régulièrement des plaintes des résidents quant au bruit dans la salle à manger. En effet, ils regrettent l’impossibilité pour eux de discuter avec leurs voisins de table. On constate aussi que certains résidents viennent juste à l’heure du repas et repartent immédiatement dans leur chambre à la fin. Ces plaintes sont en partie à l’origine de la mise en place des tables thérapeutiques pour limiter la gêne liée aux déplacements des professionnels et aux troubles du comportement de certains résidents. Toutefois, le passage des chariots, le bruit des couverts, les conversations, constituent un bruit de fond très présent dans l’espace de la salle à manger.

L’isolation acoustique viendrait ainsi participer à cet effort visant à garantir un cadre le plus convivial possible pour les temps de repas et de détente, notamment en favorisant les échanges entre les résidents et avec les professionnels.

• Concernant le personnel de nombreuses études ont été menées et montrent que les conséquences d’une exposition prolongée à un environnement bruyant sont d’ordre psychologique et physique. Le Professeur Christian GÉLIS, biophysicien et professeur à l’université de Montpellier établit que « les conséquences des nuisances sonores sont principalement la fatigue, le stress, l’irritabilité pouvant aller jusqu’à l’agressivité et une dégradation des relations professionnelles, des migraines, et une nette perturbation de l’attention ». Selon l’association JNA (Journée Nationale de l’Audition) « le bruit accroit de 24% le risque d’accident avec arrêt de travail et 39 % des actifs se disent dérangés par le bruit sur leur lieu de travail … Dans un contexte professionnel en lien avec de lourdes responsabilités, un milieu bruyant génère donc des troubles de la vigilance qui obligent le soignant à produire des efforts supplémentaires de concentration dans le but de conserver son niveau de performance ».

La réduction des bruits dans un service aurait des effets positifs sur la pénibilité et serait profitable au travail des équipes soignantes et par conséquent les résidents en seraient bénéficiaires.

III. Solution retenue : absorbants phoniques

La première pierre de La Villa du Rozat a été posée en 1990. Depuis il existe de nouvelles normes qui sont bien résumées dans les deux articles suivants tirés de l’arrêté du 25 avril 2003 relatif à la limitation du bruit dans les établissements de santé .
Article 5
« Les valeurs des durées de réverbération, exprimées en seconde, à respecter dans les locaux sont données dans le tableau ci-après. Elles correspondent à la moyenne arithmétique des durées de réverbération dans les intervalles d'octave centrés sur 500, 1 000, et 2 000 Hz. Ces valeurs s'entendent pour des locaux normalement meublés et non occupés. (Tableau non reproduit, voir JO du 28/05/2003 page 9105) ».

Article 6
« L'aire d'absorption équivalente des revêtements absorbants dans les circulations communes intérieures des secteurs d'hébergement et de soins doit représenter au moins le tiers de la surface au sol de ces circulations. L'aire d'absorption équivalente A d'un revêtement absorbant est donnée par la formule : A = S×w où S désigne la surface du revêtement absorbant et w son indice d'évaluation de l'absorption ».

La solution retenue consiste à disposer de manière contrôlée suffisamment de panneaux absorbants suspendus au plafond et accrochés aux murs. Plusieurs entreprises françaises ont développé des panneaux à très haute performance. Ces panneaux sont constitués de plaques absorbantes (mousses, fibres …) recouverts de tissus. Pour les tissus la difficulté principale est que la structure de mailles et la nature du fil doivent les rendre transparents aux ondes sonores qui seront ensuite absorbées juste derrière, le tissu ne doit pas être réfléchissant comme la plupart des tissus classiques. Ces tissus doivent aussi être lavables et ininflammables. Ces recherches ont mobilisé les compétences d’acousticiens, d’architectes d’intérieurs, de fabricants d’absorbants sonores et de fabricants de tissus spécifiques. Ces panneaux acoustiques en plus d’éliminer les échos-interférentiels, sont conçus pour être esthétiques en apportant des formes, de la couleur ou même des motifs imprimés. Ces techniques ont été utilisées récemment dans des EHPAD de la région Grenobloise : par exemple en rénovation à l’EPHAD les Ombrages de Meylan ou à la construction de la nouvelle EPHAD de Eybens (projet intercommunal de 16 communes).